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Le samedi 14 février 2026, vers 20h, l’équipe de CHOC FM à Portneuf a ouvert ses ordinateurs pour découvrir un écran rouge. Tous les systèmes cryptés. Un message avec une adresse courriel et une demande: 100 000$ pour récupérer l’accès à leurs données.
Les fichiers audio, les archives, les publicités des annonceurs, les bandes sonores accumulées au fil des années. Tout était parti.
Ce qui s’est passé
Le principe est simple: un logiciel malveillant s’installe, chiffre toutes vos données, puis exige un paiement pour les débloquer. C’est ce qu’on appelle un rançongiciel. Selon le rapport Verizon 2025 sur les brèches de données, 88% des brèches de sécurité dans les PME impliquent ce type d’attaque. CHOC FM en est un exemple concret.
Michel Cloutier, le directeur de la station, l’a bien résumé: « On est une station régionale. On n’a pas les budgets des grands groupes comme Bell Média ou Cogeco. »
Vicky Beaudoin, vice-présidente de Rhesus: « Nous sommes toujours à l’étape d’évaluation, mais il est fort à parier que les ravisseurs avaient jadis installé sous silence l’attaque il y a déjà plusieurs semaines, voire plusieurs mois. »
C’est exactement ce qui rend les PME vulnérables. Les cybercriminels ne ciblent pas nécessairement les plus grosses entreprises. Ils ciblent celles qui sont les moins préparées.
Ce que le cas de CHOC FM révèle
Michel Cloutier a été transparent avec les médias sur ce qui s’est passé, et son témoignage illustre une réalité que beaucoup de PME partagent sans le savoir.
La dernière sauvegarde complète datait de 2022. Quatre ans sans backup utilisable. Les données administratives ont survécu parce qu’elles étaient gérées par une entreprise externe, mais tout le reste – la musique, les publicités, les archives – n’avait pas cette protection. Comme l’a dit M. Cloutier en entrevue au Soleil: « C’est comme si on devait repartir la station flambant neuve, comme en 2020. »
Cloutier l’a reconnu lui-même: il ne croyait pas que sa station pouvait être une cible. C’est une réaction qu’on entend souvent. « On est trop petits pour intéresser les pirates. » Sauf que les cybercriminels ne choisissent pas leurs cibles en fonction de leur taille. Ils cherchent les portes qui ne sont pas verrouillées.
Les finances étaient déjà serrées. La station, ouverte en 2020, a survécu à la pandémie mais le prêt initial n’est toujours pas remboursé. Quand une cyberattaque frappe dans ces conditions, les 50 000$ et plus de remise en état deviennent un coup très dur. M. Cloutier a lancé un message clair: « J’invite toutes les entreprises à se protéger et à toujours avoir une deuxième copie de sauvegarde. »
Ce que les PME peuvent faire maintenant
On ne parle pas d’investir des centaines de milliers de dollars. On parle de mesures concrètes qui auraient changé le cours des choses pour beaucoup d’organisations qu’on a aidées.
- Éliminez les systèmes d’exploitation désuets. Les anciens systèmes sont dépourvus de mises à jour de sécurité. Ce sont des failles extrêmement faciles à exploiter pour les pirates.
- Entretiens réguliers et rigoureux. Éliminez les failles de votre infrastructure réseau avant que quelqu’un d’autre ne les trouve.
- Sauvegardez vos données à l’externe avec détection de rançongiciel. Les solutions d’aujourd’hui proposent des détections automatiques de rançongiciels par intelligence artificielle. Testez vos sauvegardes régulièrement et vérifiez l’intégrité de vos données. Les sauvegardes internes ne sont plus recommandées. C’est possible, mais il faut avoir un plan B.
- Mots de passe complexes. Un mot de passe complexe et différent pour chaque application. Ne réutilisez pas le même mot de passe à deux endroits.
- Authentification multi-facteur. Téléchargez une application d’authentification pour valider que c’est bien vous qui vous connectez. Si votre mot de passe est compromis, les pirates devront réussir à obtenir votre code à 6 chiffres. Petit truc: ce code ne devrait jamais être partagé à qui que ce soit qui prétend être d’une compagnie tierce.
- Sensibilisez et formez vos équipes. Développez des réflexes organisationnels en formant vos équipes sur la cybersécurité, en participant à des ateliers et simulations et en leur offrant des campagnes d’hameçonnage personnalisées. Ça permet d’élever la cybersécurité en passant par les humains.
- Quand ça arrive, c’est trop tard pour improviser. Un document simple, accessible, qui dit clairement: voici quoi faire si on se fait attaquer. Les numéros à appeler, les étapes à suivre dans les 30 premières minutes, qui communique quoi à qui. On a vu des entreprises limiter considérablement les dommages simplement parce qu’elles avaient un plan et que tout le monde savait où le trouver.
- Segmentez votre réseau. Si un poste est compromis, est-ce que l’attaquant a accès à tout? Dans beaucoup de PME, la réponse est oui. Séparer les environnements (administratif, production, backups) limite la propagation.
- Mettez en place un antispam. Les courriels sont le plus grand vecteur de cyberattaque.
- Remplacez votre routeur par une console de sécurité. La porte d’entrée entre votre infrastructure et internet, c’est votre routeur. Terminé les routeurs à usage résidentiel dans les entreprises. Les PME doivent se prémunir d’une solution pour sécuriser leurs systèmes.
La question qu’on nous pose toujours: est-ce qu’on devrait payer?
C’est la première chose que les gens demandent. La réponse courte: non.
Payer ne garantit rien. Comme le souligne Sami Khoury, agent supérieur pour la cybersécurité du gouvernement du Canada, dans La Presse: « Il n’y a aucune garantie que les criminels vont tenir parole quand vous payez la rançon. » Certains groupes prennent l’argent sans fournir la clé de déchiffrement. D’autres reviennent avec une deuxième, voire une troisième demande de rançon.
Le Centre canadien pour la cybersécurité recommande de ne pas payer et de signaler l’incident aux autorités policières.
Questions fréquentes
Que faire dans les premières minutes d'une cyberattaque?
Déconnectez les postes infectés du réseau immédiatement, Wi-Fi et câble. Ne les éteignez pas: ils contiennent des traces utiles pour l’enquête. Alertez votre fournisseur TI et appelez la Sûreté du Québec ou votre service de police local. Notre ligne d’urgence au 1 844 758 2220 est disponible en tout temps pour ce genre de situation. Les 30 premières minutes sont critiques: plus vous agissez vite, plus vous limitez la propagation.
Combien coûte une attaque par rançongiciel?
Selon Statistique Canada, les coûts liés aux rançongiciels pour les victimes canadiennes ont atteint 1,2 milliard de dollars en 2023. Pour une PME comme CHOC FM, la facture de remise en état devrait dépasser les 50 000$, sans compter les revenus perdus pendant l’interruption des opérations. On le voit régulièrement: les entreprises sans plan de reprise se retrouvent avec une facture beaucoup plus élevée que ce que la prévention aurait coûté.
Est-ce que les PME sont vraiment ciblées par les rançongiciels?
Oui. Les cybercriminels ne cherchent pas les plus grosses entreprises. Ils cherchent les plus vulnérables. Le rapport Verizon 2025 montre que 88% des brèches de sécurité dans les PME impliquent un rançongiciel. On le constate à chaque intervention: les PME de 10 à 200 employés sont les cibles les plus fréquentes, justement parce qu’elles pensent être trop petites pour intéresser les pirates.
CHOC FM va s’en sortir
La communauté de Portneuf s’est mobilisée rapidement. Une campagne de sociofinancement a été lancée et les dons affluent. L’équipe travaille à remettre la station sur pied, et la diffusion va reprendre.
Ce qui est arrivé à CHOC FM, ça peut arriver à n’importe quelle organisation. Une clinique, un bureau comptable, un commerce, une municipalité. La taille de l’entreprise n’a rien à voir avec le niveau de risque. L’histoire de CHOC FM a d’ailleurs été largement reprise par les médias québécois, consultez notre couverture médiatique pour lire les articles de La Presse, Radio-Canada, Les Affaires et Le Devoir.
Rhesus est une firme de services TI gérés et de cybersécurité basée à Victoriaville, avec des bureaux à Sherbrooke et Mirabel. Notre équipe de plus de 80 professionnels TI accompagne des PME et des organisations du Centre-du-Québec, de la Capitale-Nationale, de l’Estrie et des Laurentides depuis plus de 25 ans. Quand CHOC FM a eu besoin d’aide un samedi soir, c’est nous qu’ils ont appelés. C’est ce qu’on fait: de la prévention, de l’accompagnement, et de l’intervention quand ça compte. Et la leçon qu’on retient à chaque intervention reste la même: la différence entre une crise qui dure des semaines et une qui se règle en quelques jours, ça se résume presque toujours à trois choses. Est-ce que vos backups fonctionnent. Est-ce que votre équipe sait quoi faire. Et est-ce que votre partenaire TI répond au téléphone un samedi soir.
Si vous vous demandez si votre organisation est prête
- 1 844 758 2220
(sans frais et sans engagement)